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L'ébauche d'un destin dans quelques strophes
Avec les plumes de l'aile blanche d'un Ange,
Je sculptais des stances à la rhétorique étrange
Où se faisait voix, toute une gamme de rimes
Que l'on jugeait : ni médiocres - ni sublimes
~§~
Un brin hermétiques, mes quatrains bien pensés
Mêlaient : passion, folie et vertige, condensés
Sans les excès maniérés d'une métrique austère
Car, dit-on : c'est l'obscurité qui fait le mystère
~§~
Puisque, désespérés, les chants sont plus beaux
J'ai confié mon spleen solitaire aux corbeaux !
De leur glas rauque et leur ricanement grinceur,
Je façonne des vers d'une délectable noirceur
Balbutiant au Cœur de qui veut bien l'entendre
Que, j'avais choisi l'Amour et la parole tendre
~§~
Adieu, donc : violons, mandoline et satinades !
Moi qui voulais mourir en hurlant des sérénades
Pour bercer ma Muse qui fièrement se repose,
Dédaignant l'invisible opale qui irise ma prose :
Mes turbulents désirs résistent, en philosophes,
A l'ébauche d'un destin dans quelques strophes.
~§~
Deuil d'amour, infinissable deuil
Je ne suis plus celui qui, chassant ses démons,
Respirait sa vie de nomade à pleins poumons !
Ce grand Feu, qu'autrefois j'allumais en rêvant
A tué aussi tout ce qu'en moi, il restait de vivant
◊◈
Dans mon âme en veilleuse - de toute sa pesanteur,
Se répercute la macabre et désordonnante lenteur
Des longs soirs d'inanité, qui n'ont rien à envier
Aux dimanches engourdis du mois de Janvier,
Tant s'épaissit et s'attarde : le spleen mortuaire
Qui plane, ennuité, sur mon Deuil tumultuaire
◊◈
Venant du cœur et des lumières de ma conscience,
Les pleurs torrentueux que je verse en silence
Répètent un : Forget me not - Ne m'oublie-pas !
Malhabile entêtement : les larmes ne parlent pas
◊◈
Ce cœur qui, n'ayant su dompter le frisson-noir
Donne de l'Amour - mais sans plus en recevoir,
Est celui d'un Veuf en quête de métamorphose
Qui dort - tout en ne rêvant plus d'aucune chose,
Un somnambule pour qui la nuit n'a pas été belle
Et qui - saluant le jour, accourt à la clarté rebelle
Sentant au fond de lui, tristement murmurante :
La Mort - qu'il confond avec une voix rassurante
◊◈
Je n'aurai plus jamais que la Nuit sur ma route
Puisque, partout où je vais - les ténèbres du doute
M'embrument la tête, puis se changent en cascades
Comme s'écroule le Ciel : par bruyantes saccades.
◊◈
«◊◈✿◈◊»✿«◊◈✿◈◊»
Nuit noire, Lune bleue
La nuit approche, qui m'opprime à travers la fenêtre
Avec ses effluves puissants et lourds comme des secrets
Et ses souvenirs obsesseurs - et ses impitoyables regrets :
Souvenirs d'avoir été aimé ; regrets de ne plus l'être
✫
Calamiteux soir, où chaque minute - apportant sa part
D'indiscipline conquérante à une langueur quotidienne
Inextricablement vouée à la rhétorique tragédienne,
Suggère ces -Adieux- qu'on se fait avant un départ !
✫
Cette lueur mauvaise, qu'exaspère la petitesse des lieux,
Non, ce n'est pas la paix ombreuse du crépuscule : celle
Qui s'ouvre sur les rêves où l'énamourant violoncelle,
En symbolique nurse, prodigue un sommeil oublieux
✫
Alors qu'un vent grave a soufflé depuis la Lune lointaine
Sur cette échancrure de vie - qu'un rien a fait fléchir,
J'attends un jour qui ne viendra pas - à bien y réfléchir :
Dois-je bannir l'espoir, puisque l'espérance est vaine ?
✫
Oº°**°ºO§Oº°**°ºO§Oº°**°ºO
Recherche [désespérément] bouche lascive pour y déposer des baisers
C'est d'abord la suavité mutine des nuages de ouate
Où je dorlote tout-bas mes rêves, sous le Dôme ondulé
Puis, c'est le Philtre édulcoré d'une brise renégate
Qui m'embringue, doucereuse, dans un piège acidulé
~&~
De ces lueurs nonchalantes, vers où s'élève ma pensée,
Se révèle l'indistinct Mystère : dans l'extase religieuse
Mon âme conçoit l'idée fuyante et brève mais, insensée
Que tout soit paisible et que la quiétude soit contagieuse !
~&~
Et je tente, au couchant de la Vie, d'unir deux ivresses :
L'énigme et l'étonnement fraternisent pour se confondre
Dans l'orgueilleuse impudeur de lèvres enchanteresses,
Hélas, elles soupirent d'ennui - au lieu de se répondre !
~&~
Vaincus ou vainqueurs, les cœurs retardataires hésitent,
Sentent que couve un prochain Déluge - mieux ordonné,
Bien qu'on m'aime encore et que les Muses me visitent
Je me sens, tout-à-coup, plus seul - et plus abandonné
~&~
Jusqu'à la lie, je bois le calice plein d'humeurs amères,
Oh, mais je ne suis pas cet Archange fou qui a rejeté :
Miracles - vieux délires - vraies et grandes chimères
Et toutes ces choses obsédantes, avec leur étrangeté.
~&~
⊰♥⊱✿⊰♥⊱✿⊰♥⊱✿⊰♥⊱
L'inutile effort d'espérer
Ma bouche -désormais desséchée- aspire le fiel
Et, je déploie inutilement mes angoisses de vivre
Que j'empile pesamment, jusqu'aux confins du ciel
Comme on porte sa croix : rampant, épuisé et ivre
◊◈
Cette forme -imprécise et réprimée- qui soupire
N'est-elle que : mon ombre qui me donne la main ?
Quelle peine j'ai à cacher ma douleur - et sourire,
Tant je me sens mortel - et humblement humain !
◊◈
Si les embrassades me tentent - ça paraît étrange,
Une ombre... Jamais, je n'ai reçu autant d'amitié !
Ces femmes-sans-nom, qu'on traîne dans la fange
Valent mieux que l'Amour -le vrai- qui fait pitié !
◊◈
Leurs voix nocturnes, qui me servent de modèles,
Comme enfantées du gouffre silencieux et béant
Des malheurs qui se taisent - répétés et fidèles,
En longs cortèges d'icônes, remplissent le néant
◊◈
Je ne reviendrai plus là où chantent avec tristesse :
Mes espérances - qui souffrent de tout leur chœur !
Regrets ou pleurs feraient passer pour politesse :
L'idée que -bêtement- je me faisais du Bonheur.
◊◈
๏●๏●๏●๏●๏●๏●๏●●๏
L'amour d'après
Indifférente au frisson qu'elle sent crépusculaire
Où lambinent les fantômes d'un Amour séculaire,
Une oréade - fille d'Ève, civilisée par accoutumance
Interprète les signes d'une libertine transhumance
~¤~
Elle voit venir, du haut de ses vingt ans : la fêlure,
L'émotion tourmentée - dissimulée sous la ciselure
Des demi-teintes fondues, onduleuses, abandonnées
Enchevêtrées à beaucoup d'autres, moins spontanées
~¤~
Bien qu'il palpite encore, son cœur usé s'engourdit
Comme à l'orée d'une forêt que le silence alourdit,
Dans l'intarissable sablier qu'est son âme enclose
L'amour -que je lui donne- lui paraît peu de chose !
~¤~
C'est un tourbillon-sans-fin qui a conduit nos pas
Vers un précipice fatal, d'où l'on ne remontera pas !
La pente -en douce fureur- s'incline à toute vitesse,
Tel est notre sort commun : mourir de tristesse
~¤~
Mais, à tenter de résister plutôt que de me rendre,
Au péril, je m'expose - je commence à comprendre !
Pourquoi donc braver le mal qu'elle peut me faire
Et m'offrir à ses colères - imprudent et téméraire ?
~¤~
Combien de solitudes pesantes devrai-je soulever
Avant que, exaltant ma flamme, je puisse la retrouver ?
Si, dans un rêve vagabond je m'égare - sans en revenir,
Chose imprévue ! D'elle, j'aurai gardé : un bon souvenir.
~¤~
⊰♥⊱✿⊰♥⊱✿⊰♥⊱✿⊰♥⊱
Ce n'est que la fin du Voyage
Sous la gangue de chair, on sentait la blessure s'ouvrir
Lorsque pleurait son cœur - qui parlait en sanglotant
Avec des cortèges de mots créés par lui - chuchotant
Car, rien autant que l'Amour, ne l'aura fait souffrir !
✫
Dans ce Grand-Feu éteint, où se consume : un destin
Qui fut voué à de mélancoliques afflux d'émotions
Et plus résigné chaque jour, à haïr ses imperfections,
On a livré -aux appétits pervers- un luxueux festin
✫
C'était finalement assez pour lui - l'inconnu célèbre,
Que la fierté d'avoir été, pour les affamés de vulgarité :
Ce troublant incompris, libre étouffeur d'incuriosité
Et complice familier de la Lumière qui s'enténèbre
✫
Le quittant à regret, les hommes lui adressent un message :
"Tu avais du génie, toi l'éternel prodige - mais nul ne l'a su !
Alors que tu retournes au Ciel-sans-fin dont tu es issu,
Nous craignons de troubler ton Repos, à l'heure du Passage
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Tu as surmonté une Puissance plus forte et plus sauvage !
Pour la dernière fois, on sent croître un rêve, une vision,
Nos esprits fureteurs se consoleront dans cette illusion :
S'ouvre l’Éternité promise - ce n'est que la fin du Voyage."
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Albatros Rex
Sous les radiances orangées de l'ambre diamantée
Mon âme attendrie, scrutant la Lune, paraît aimantée :
Un Albatros -en dominateur du ciel- inébranlable
Oriente son essor sans bornes, puis, imperturbable
S'accorde aux charmes endormeurs du vide étoilé
Et s'offre aux vents, épanoui et saintement envoilé
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Parce qu'il ne vit que de Liberté et de mouvement
Une moitié de lui-même se forge en tempérament
Tandis que l'autre : plus paisible et lisse en surface
Lestement, trace son parcours et mesure l'espace
De ses ailes sûres et fermes, bravant le tonnerre
Faisant peu de cas du genre humain et de la terre
-¤-
Son règne atteint l'inaccessible arcade des Cieux
Et, s'il délaisse les plis mouvants des Hauts-Lieux
Pour la médiocre horizontalité du monde d'en-bas
Là, où la Lumière du jour intérieur ne pénètre pas :
Une tristesse endolorissante lui vient, hallucinante
Et lui parle à voix basse d'une Vie libre et planante
-¤-
Idéalement blanc, comme le sont : sel ou écume
Dans la double stupeur - du bruit et de la brume
Cet Oiseau de grande envergure - ce Titan ailé
Que je poursuis du regard, dans le soir constellé
Comme s'il m'ouvrait des fenêtres prophétiques
Prolongera, jusqu'à l'aube, mes rêveries poétiques.
-¤-
Elle savait les regrets dont on peut se nourrir
Elle savait les regrets dont on peut se nourrir
Ignorant, d'en-haut, la sainte voix du Pardon
Avec ses rêves d'amour en guise d'édredon,
Condamnée à vivre - mais résolue à mourir
~&~
Désertée par l'espoir - Charlotte est morte,
Victime des plus beaux yeux du Monde !
J'ai, pour expurger ma tristesse profonde,
Cloué un oiseau de malheur sur ma porte :
~&~
Un affreux cygne noir aux flancs émaciés
Puni d'une agonie douloureuse et lente
Respire à peine, gémit, s'afflige et se lamente,
Ses cris entre-fendent mes pleurs disgraciés
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Ce petit cœur calciné, dont j'ai fait mon repas,
Qui allégorise la blessure -irréveillée- en elle
Est l'indicible vide que creuse l'absence éternelle,
Que même un châtiment sans merci ne comble pas
~&~
Ma pâle Charlotte est partie, dans sa robe rose
S'abréger les souffrances d'un Destin odieux,
Dans le vent lugubre et chargé de longs adieux
Telle une soleilleuse lumière blonde : elle repose.
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Que la Vie m'émeuve de ses désireux plaisirs !
Parce que tout reparaît de ma survivance dépressionnaire
Où l'ataraxie -cette douleur lacrymatoire- s'était ancrée
Sur l'écorce, je rétrécis l'entaille - qui redevient ordinaire
Par degrés, j'en efface la marque trop durement encrée
◊◈
J'admets qu'il me faudra revivre avec les hommes, bientôt
Trouver en l'opulence, un abri - avoir pour l'Or, des désirs
Et, même nourri de poisons, je ne renoncerai pas de sitôt
A ce monde, riche en extravagances et fertile en plaisirs
◊◈
Je n'aurai qu'à le vouloir et mon cœur battra plus fort !
Ce cœur souffreteux, mais enrichi des leçons de choses
Aimera -d'un amour très pur- avec sa foi en précieux renfort
En dépit d'humeurs : soit toutes noires, soit toutes roses
◊◈
Et, j'élèverai un mur -incassable- face à la rumeur des villes
Pourvu qu'un murmure en écho lointain vienne y suspendre :
De joyeux délires ; des visions insoucieuses et tranquilles
Que je n'attendrai même plus et qui viendront me surprendre
◊◈
De l'abondance de Vie, mes rires seront le parfait témoignage
Si je fais ce vœu : du commencement à la fin de chaque jour
Me réjouir d'une Présence supérieure et lui rendre hommage
Parce que, c'est en Elle que réside le Royaume de l'Amour.
◊◈
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Comme aux beaux jours des bohèmes voyageuses
Aurélie, comme aux beaux jours des bohèmes voyageuses
Répand des torrents de rêves, en pluies de soleils diaprés
Mêlant, aux teintes blafardes des mascarades nuageuses :
La prégnante vénusté des soirs de septembre pourprés
☆
Ses yeux, qui diffusent le saphir en luminances sublimes
Me rappellent une autre femme - que j'ai aimée, ailleurs
Et, dès lors que, de mon âme elle entrebâille les abîmes :
Saturés de lumière, mes sentiments deviennent meilleurs
☆
Quand, d'Aurélie je subis l'attraction - humble et soumis
Un Amour infini s'exprime, dans d'infinis frémissements
Pieusement, j'attends qu'un secret espoir me soit permis :
Ouvrir fièrement le cycle d'or des premiers ravissements
☆
Qu'un peu d'audace accompagne mes penchants amoureux
Et je couronnerai mes œillades flatteusement complaisantes
De ces ferveurs labiales, qui ajoutent aux baisers savoureux :
Le don d'accroître l'Amour, de molécules bienfaisantes !
☆

























